La PKD

Par le Docteur Ingrid PUTCUYPS - Adaptation française : Sonia MARTIN

Qu'est-ce que la PKD ?

La PKD (Polycystic Kidney Disease) est une maladie héréditaire du rein, dans laquelle on trouve déjà des kystes souvent sur les 2 reins, dès la naissance. Ces kystes sont des cavités remplies de liquide qui provient du tissu rénal normal. Dans la plupart des cas, ces cavités sont très petites (1 à 2 mm) chez les chatons et au fur et à mesure que les animaux vieillissent, elles vont grandir jusqu'à plus de 2 cm). Un seul rein peut contenir de 20 à plus de 200 kystes. La PKD est également une affection héréditaire très courante chez l'homme avec plus de 5 millions de personnes atteintes dans le monde entier.

Races qui présentent la PKD:

Jusqu'à présent, le chat de race le plus atteint est le Persan. Etant donné que cette race est régulièrement utilisée dans les croisements, la PKD fait maintenant également son apparition dans beaucoup d'autres races. Les races qui possèdent un pourcentage de sang persan et qui courent donc un risque, sont l'Exotic Shorthair, le Selkirk Rex, le British Poil Court, le Scottish Fold, le Sacré de Birmanie, le Ragdoll, le Poil Court Américain, le Rex Devon et le Maine Coon. On a également déjà utilisé des Persans avec les Chats des Bois Norvégiens, les Sphinx, les Orientaux Poil Court, les Rex Comish, les Abyssins, les Somali, les Manx et les Burmeses.

Symptômes de la PKD:

Le fait que le chat soit malade ou non de la PKD dépend de la taille et du nombre des kystes présents dans les 2 reins. Un animal donnera des signes de défauts rénaux (insuffisance rénale) quand les kystes prendront trop de place dans les reins, de telle manière à ce que le tissu rénal normal soit pressé. Au moment où il reste trop peu de tissu rénal normal, les reins ne peuvent plus fonctionner normalement et le chat deviendra malade.

Les premiers signes de maladie apparaissent généralement entre 3 et 10 ans, mais parfois aussi à un âge beaucoup plus jeune. Au début, les plaintes sont assez vagues. Un chat boira et urinera plus, l'appétit diminuera un peu et la robe aura un aspect terne. Si l'insuffisance rénale augmente, l'animal mangera de moins en moins, il va maigrir et éventuellement il commencera à vomir. Parfois, il y aura du sang dans l'urine et l'animal aura une mauvaise haleine. Dès la présence de défauts rénaux, il n 'y a plus de guérison possible. Grâce à un traitement adapté, ces animaux peuvent encore vivre relativement longtemps (voir plus loin). Il est important de savoir que tous les chats atteints de PKD ne souffrent pas d'insuffisance rénale. Les animaux avec peu et/ou de très petits kystes ! Ils ne présenteront jamais des signes de PKD.

Traitement de la PKD:

Jusqu'à présent, il n'existe aucun moyen pour empêcher le développement de la PKD, donc l'accroissement des kystes. Sur le plan préventif, il n'y a donc rien à faire si ce n'est qu'éliminer les animaux d'élevage PKD positifs. Il faut uniquement mettre un traitement en route quand un chat développe des symptômes d'insuffisance rénale.

Les animaux déshydratés et/ou ayant des nausées sont de préférence quelques jours mis sous perfusion. Dès que le chat est stable, le traitement le plus important est un régime spécial pour les reins. Ce genre de régime contient un taux moins élevé en protéines et peu de phosphore. Dans le cas des patients plus avancés, le vétérinaire donnera des médicaments supplémentaires comme des ralentisseurs de suc gastrique, des suppléments de potassium et des antibiotiques si nécessaire. Les propriétaires motivés peuvent eux-mêmes injecter du liquide sous la peau de leur animal.

Diagnostic de la PKD:

L'échographie est le moyen le plus simple pour diagnostiquer la PKD. A cet effet, il n'est pas nécessaire d'endormir les animaux. On met le chat sur son dos et on rase un carré à hauteur du nombril par où on peut observer les 2 reins. Une autre méthode tend à mettre les reins en image par le côté latéral par des petits carrés rasés sur les 2 flancs.

La 1ère méthode est plus à conseiller pour les animaux d'exposition car la zone rasée est moins visible. Certains chats ont une robe tellement fine qu'ils peuvent éventuellement être testés sans être rasés. Chez ces animaux, on mouille d'abord les poils avec de l'alcool afin d'éliminer l'air entre les poils. Cette méthode est très utilisée chez les Persans, mais elle est a éviter chez les Exotics, les Maine Coon, les British Poil Court et les Ragdolls. Il est important de faire pratiquer cette échographie par un vétérinaire habitué à faire ce genre d'examen et qui dispose des appareils adéquats (7.5 - lO MHz Transducer). Pour contrôler si le chat souffre d'insuffisance rénale, on pratique d'abord une analyse de sang et éventuellement une analyse d'urine. On ne peut voir des changements que si 2/3 du tissu rénal normal est atteint. Dans le sang, on observe surtout les globules rouges (éventuellement pas assez) et l'urée, la créatinine et le phosphore. Ces 3 dernières matières vont augmenter si le rein ne fonctionne plus normalement. Dans l'urine, on regarde la concentration (trop basse pour des reins ne fonctionnant pas bien) et s'il n'y a pas des signes d'infections des voies urinaires ou une perte de protéines par le rein.

Transmission de la PKD:

Un chat a 38 chromosomes, chaque fois groupé par 2, donc 19 paires. Il y a 2 chromosomes de chaque car l'un vient de la mère et l'autre du père. Ces chromosomes contiennent des gènes. Un gène est responsable de caractéristiques bien précises comme la couleur des poils ou un rein normalement formé et il est donc également 2 fois présent. A un certain moment, il peut y avoir une erreur avec un gène, ce qui engendre une anomalie dans le corps (par ex. formation de kystes dans les reins). On parle alors d'une mutation. Cette mutation peut éventuellement être transmise par les chatons. La PKD est transmise de manière autosomal dominante.

«Autosomal» signifie que l'anomalie ne se situe pas au niveau des chromosomes sexuels. Le sexe ne joue donc aucun rôle, les mâles et les femelles peuvent être atteints de l'affection. « Dominant » signifie que quand un chaton a hérité du gène anormal d'un des 2 parents, il développera de toute façon la maladie. Lors d'une affection transmise de manière récessive, il faut que la mère et le père transmettent l'anormalité afin que la maladie se manifeste.

La transmission de la maladie dépend également du fait que les parents soient homozygotes, hétérozygotes ou ne souffrent pas de PKD. Comme déjà dit plus haut, chaque gène est toujours présent en double. Un gène vient du père et l'autre vient de la mère. Pour la PKD, homozygote signifie qu'un chaton reçoit 2 gènes anormaux, donc tant de la mère que du père. On doute fort que ces chatons soient courants. Ils meurent probablement avant la naissance ou tout juste après. Hétérozygote signifie qu'un chaton reçoit un gène normal et un gène PKD. De tels animaux peuvent donc transmettre un gène normal ou un gène PKD à leur progéniture. Un chaton qui n'a pas la PKD hérite de 2 gènes normaux et ne pourra donc pas transmettre la PKD à sa progéniture. Il n'existe donc pas de « porteurs » qui n'ont pas la maladie, mais bien qui la transmettent.

Pratiquement, il n'existe donc que quelques possibilités :

• Un parent sans PKD + un parent hétérozygote: les chatons ont 50% de chances d'hériter de la PKD.

• Mère hétérozygote + père hétérozygote: les chatons ont 75% de chance d'hériter de la PKD.

• Deux parents sans PKD : tous les chatons sont indemnes de PKD.

En observant de tels pourcentages, il est important d'établir un calcul des chances pour un grand nombre de chatons. En lançant une pièce de monnaie, on a également 50% de chance de tomber sur pile ou face, mais il est également possible de tomber 6 fois de suite sur pile. Dans une portée de 4 chatons qui a 50% de chance d'avoir la PKD, tous les animaux peuvent être atteints ou, avec un peu de chance, un seul peut l'avoir.

Source : Chatterie Ma Griff's Persans